Amérique quand tu me tiens!!

            Toute passion vaut la peine d’être partagée et c’est chose faite aujourd’hui avec la création de ce blog. Comme le titre vous l’indique, j’aimerais parler ici de ce qui occupe une place importante dans ma vie : le monde hispanique. Mais pourquoi un tel attrait ? Comment ce monde s’est-il emparé de moi ? En fait, tout vient d’une enfance passée entre la France et cette Espagne que je vénérais et que j’idéalisais tant. Jamais je n’oublierai les odeurs qui envahissaient les ruelles de Hondarribia ! Jamais je ne cesserai de me remémorer ces villages médiévaux, cette Castille de Machado brûlée par le soleil de juillet. Jamais ne me quitteront les frissons que m’ont provoqués les tableaux de Goya, Vélasquez ou du Gréco. Et toujours je prendrai plaisir à lire et relire les plus belles pages de Cervantès, de Lorca ou de Galdos.  Tout n’était que fascination et quand il fut temps de choisir les études qui allaient peut-être me permettre de préparer ma future vie d’adulte, tout se bouscula et contre toute attente, adieu les désirs (et la fierté !) de peut-être devenir médecin, vétérinaire ou juriste. Seul m’importait l’enrichissement culturel et la possibilité de découvrir plus profondément ce monde hispanique que j’aimais tant. C’est alors que mes années universitaires m’ont comblé par l’étude de ces civilisations merveilleuses et de ces auteurs qui ont changé la face du monde des Lettres. Puis l’heure des voyages est venue et c’est stupéfait que j’ai mis une image sur l’anarchie mexicaine décrite par Carlos Fuentes, sur l’incroyable cité de Macchu Picchu, adulée dans les vers de Pablo Néruda ou sur ce Buenos Aires que Gardel évoque si souvent.C’est donc tout cela que je désire partager avec vous. Et ma plus grande joie serait de vous faire connaître ces peuples et ces contrées qui ne peuvent laisser quiconque indifférent. Je m’efforcerai donc de vous apporter un maximum de renseignements qui pourraient vous aider dans vos recherches ou tout simplement dans la préparation de vos futurs voyages. Pour le moindre doute, la moindre interrogation sur ce sub-continent, n’hésitez pas et contactez-moi. Cest avec plaisir que je tenterai de vous aider.

 

                                                                                  

                                                                               

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Vendredi 26 septembre 2008

                                                                               
       

 
Une femme meurt en allaitant son fils et devient un symbole socio-religieux primordial en Argentine et dans une grande partie de l'Amérique latine. Mais comment est née cette histoire magnifique?

                
                   
                        La scène se passe en 1853, dans le Nord-ouest de l’Argentine, dans la province de San Juan.  Sur le terrain, deux partis s’affrontent terriblement : les « unitarios » qui veulent que le pouvoir soit centralisé à Buenos Aires et les « federales », partisans de l’autonomie des provinces. Cette guerre fratricide sera l’objet d’horreurs les plus terribles mais elle fera naître également une légende qui se répandra dans toute l’Argentine et dans de nombreux pays hispano-américains.
                                                                      





                                                                                                    
                C’est l’heure de la sieste et La Majadita est plongée dans sa torpeur habituelle. La chaleur précoce du printemps a surpris les habitants de ce hameau et personne ne peut se permettre d’affronter l’arrogance du soleil. On sait ici qu’il régit la moindre action dans le village et même si les épis de blé saluent ses fils d’or, les pauvres humains ne peuvent que courber l’échine face à un astre si puissant. Il y a pourtant une chose dont le soleil est incapable d’être maître : la violence de l’homme. De là haut, il la voit, il la sent, il la condamne mais jamais il n'a pu l’arrêter. Les armes solaires sont beaucoup trop veules pour combattre avec force la convoitise et la bêtise humaine.
             Deolinda et Baudilio mènent une vie paisible, comblés par l’amour mutuel et les sourires d’un enfant. Peu leur importe que la chaleur suffocante empêche tout mouvement, peu leur importe que le sol argentin est mis à feu et à sang. Eux, ils sont heureux dans la paix de leur foyer et c’est là l'important.
                       Mais aujourd'hui, une bataille s’empare du village. Les soldats du soleil luttent contre l’armée d’Eole. Les vents se lèvent, se couchent, tourbillonnent emportant tout sur leur passage, et un nuage de poussière enveloppe cette tuerie sans précédent. Au fracas des vents contre les fenêtres il ne tarde pas à se mêler un autre tohu-bohu . Un tintamarre de pas lourds et désorganisés, un hourvari de pièces métalliques ne pensant qu’à tuer. Ça y est, Ils sont là, prêts à tout pour combattre leur cause. Les hommes déguenillés, assoiffés et affamés ont encore quelques forces pour saccager ce qu’ils trouvent et pour satisfaire leurs besoins dans des corps meurtris par la haine et la douleur.
                       La terreur s’empara de Baudilio qui accourt vers ces scènes de boucherie et de viols collectifs. Il a cependant oublié une chose : en plus de nourriture, d’eau, de sexe et de pouvoir, la troupe a aussi besoin de combattants !!!!
           - Si tu es si vaillant pour défendre ces femmes, ta bravoure nous aidera à gagner cette guerre. Désormais tu es nôtre et seule ta mort nous séparera ! 
            Du village, il ne reste que cendres et pierres. Tous les hommes furent emmenés et les femmes doivent désormais pleurer seules leur désespoir ! Deolinda ne peut se résigner et sans dire mot, peut-être même sans les penser, elle prépare l’enfant et l’emmène avec elle par ces chemins poussiéreux sous un soleil de plomb. La cause de ce départ, la perte de l’être cher, le but, le retrouver.
            La route est longue, les chemins caillouteux rendent la marche de plus en plus pénible et les dernières gouttes d’eau n’apaisent pas la soif. En haut de la vallée, le bébé pleure, la faim l’assaille. Deolinda en mère digne, préfère perdre du terrain et allaiter son fils. Couchée sur le sol, l’enfant goulu pendu à son sein, elle s’endort. Un long sommeil l’attend, un sommeil dont elle ne sortira jamais.
             Deux jours plus tard, les cris d’un jeune enfant attirent l’attention d’un fermier qui passe par là à la recherche de ses brebis. Quelle est sa surprise de rencontrer, cette femme inerte, sans vie et ce bébé plein d’énergie profitant de la saveur des dernières gouttes de lait de sa mère.                   
            

            Un véritable culte est maintenant voué à la Difunta Correa. Les routiers, les taxis, les touristes qui passent dans le coin font maginalement le détour pour traverser ce sanctuaire et se signer. On y amène toutes sortes d'objets. Des voitures quand on en veut une, une maison quand on décide de déménager, une jambe pour mieux marcher, tout en mignature bien sûr. Même si certains ont pris ça au pied de la lettre et ont amené les originaux. 

               Toutes les photos ont été prises dans le parc de "el Valle de la Luna" Ishigualasto.

par Sébastien Poutrain communauté : Amérique Latine commentaires (0)   
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